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Christianisme / Islam, « j’aimerais partager votre optimisme ».

J’ai reçu, début janvier, le courrier d’une personne venue écouter une de mes conférences sur les chrétiens d’Orient. Des mots qui exprimaient l’opinion d’une partie de nos sociétés, marquées, tant du côté chrétien que du côté musulman, par la peur, l’ignorance et le rejet du différent. Un message qui donnait la mesure de la tâche, pour mettre enfin un terme au concept du choc des civilisations, et des guerres de religions, tant de fois ressassé.

Pour les musulmans, écrivait mon correspondant « les relations entre les individus à l’intérieur d’une société ou entre les peuples doivent être régies par le Coran. Ce qui est tout dire. Regardons les « difficultés » d’un musulman à se convertir. Apparemment la société française n’a rien de bon à retirer ni du sunnisme ni du chiisme. C’est le christianisme qui sauvera la France, un christianisme renouvelé et approfondi, mais le christianisme ».

S’adressant à moi qui avais exposé dans mon intervention des raisons d’espérer, notamment dans le comportement citoyen des jeunes Arabes, sans pour autant nier les obstacles existant, l’homme  concluait : « Vous faites état de changements heureux. Pour partager votre optimisme, j’avoue qu’il m’en faudrait beaucoup de changements heureux, audibles et visibles tous les jours pour contrebalancer toute la noirceur que je vois ». Comme argument, mon interlocuteur s’appuyait sur deux rapports récents, résumant la situation des chrétiens et des minorités non musulmanes au Proche-Orient: celui des sénateurs (1), et celui de l’association Portes Ouvertes (2).

Dans les jours qui ont suivi la lettre, critiquant « mon optimisme », j’ai reçu des signes d’espoir, qui m’ont revigoré. Ce fut d’abord cette musulmane qui m’écrit toute son émotion, en assistant avec sa famille en décembre dernier à la cérémonie de béatification à Oran des 19 religieux chrétiens assassinés par le Groupe Islamique Armé (GIA) entre 1993 et 1996 en Algérie.

Ce fut ensuite Christian Lochon, grand expert du monde arabe, qui m’a décrit en une après-midi, le travail d’ONG chrétiennes, dont l’Œuvre d’Orient, afin de scolariser des enfants syriens et irakiens musulmans, réfugiés au Liban, rappelant ainsi que l’éducation est l’arme la plus efficace contre le terrorisme. (3)

Enfin l’attribution du 4ème prix de l’émir Abdelkader à Mgr Henri Teissier, évêque émérite d’Alger, à Mascara, fin 2018, par une association présidée par le député algérien Abdelmalek Sahraoui (4), est venue atténuer en partie les effets de la lettre reçue.

Peut-on souligner les ouvertures d’esprit dans les rapports entre les deux religions, ou valoriser le travail d’ONG ou de personnalités qui œuvrent à une meilleure compréhension entre les deux communautés, sans passer pour un naïf, un irresponsable, un mystique désincarné du réel ou un islamo-gauchiste, prêt à brader les valeurs universelles de la démocratie ? Nous sommes quelques-uns encore à y croire et à persister.

Après tout, l’espérance n’est-elle pas la force du christianisme !

(1)  Groupe de liaison, de réflexion, de vigilance et de solidarité avec les chrétiens, les minorités au Moyen-Orient et les Kurdes

(2) Rapport du 16 janvier 2019

(3) Je reviendrai sur ces écoles ouvertes pour les réfugiés au Liban, lors d’une prochaine chronique

(4) Quotidien algérien « El Watan » du 30 novembre 2018

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